| Développer la recherche |
| Écrit par Philippe | |||
| 05-11-2006 | |||
Le photovoltaïque se développe avec des budgets de recherche qui sont sans comparaison avec ce que la recherche publique a investi pour développer l’énergie nucléaire. Il n’est donc pas étonnant que les progrès technologiques dans le domaine du solaire soient moins rapides que dans d’autres secteurs. Là où il faudrait investir quelques centaines de milliards d’euros, ce ne sont que quelques dizaines de millions d’euros que la recherche publique investit dans le solaire, c’est à dire mille fois moins que ce qui serait nécessaire pour que la contribution de l’énergie solaire soit comparable à ce que le nucléaire apporte aujourd’hui. On peut citer à ce sujet Yves Cochet, ancien Ministre de l’Environnement : à moins de 100 milliards d’euros, une politique énergétique est sans intérêt. L’essentiel de l’effort de développement du photovoltaïque est confié au secteur privé. Avec des budgets de recherche publique très limités et en aucun cas appropriés aux enjeux énergétiques du solaire, il n’est donc pas étonnant que les progrès technologiques soient lents. Les sujets de recherche dans le domaine du photovoltaïque ne manquent pourtant pas :
Mais pour développer la recherche, il faut commencer par convaincre des hommes politiques dont la culture scientifique est fortement marquée par le XIXe siècle, avant la découverte de la mécanique quantique, et qui sont fascinés par la thermodynamique. On peut citer à ce sujet Corinne Lepage, ancienne Ministre de l’Environnement : s’agissant des énergies renouvelables, nous avons un problème de représentation intellectuelle. La culture du XXe siècle a été une culture de progrès technique et technologique, symbolisée par de grandes installations. Avec l’air, le soleil et le vent, on a le sentiment qu’on en revient aux moulins à vent. On a beaucoup de mal à admettre que la technologie qui leur est attachée puisse être sophistiquée. Nous avons donc un effort à faire en termes de représentation de la modernité et du progrès technologique. Cette attitude se manifeste de la part des parlementaires français par la publication d’un rapport dans lequel ils disent ouvertement qu’ils ne croient pas au solaire, sauf pour des sites isolés et une production marginale d’électricité. Au delà de ces croyances fort peu scientifiques, on peut se demander si des pressions des secteurs énergétiques traditionnels ne viennent empêcher un développement trop rapide du solaire qui risquerait de menacer les bénéfices de secteurs industriels bien implantées et bénéficiant de l’appui de puissants réseaux.
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